| A l'instar de quelques autres jeux
pratiqués en Europe occidentale, le jeu de balle pelote est l'un des
descendants les plus directs du jeu de paume. Dans cette partie de
paragraphe consacré à l'historique de ce sport, nous aborderons tout
d'abord les premières mentions de jeu de balle à la main. Nous
envisagerons ensuite l'évolution du jeu de paume en Belgique, et son
aboutissement dans les jeux de balle contemporains.
Article 1. Premières mentions de jeux de balle à la
main
Si l'on donne au jeu de paume son sens étymologique de jeu de balle
à la main, on peut le faire remonter à l'Antiquité. Nous trouvons déjà
mention de jeu de balle dans l'Odyssée d'Homère : ce jeu constitue le
divertissement de Nausicaa et de ses compagnes ; une partie entre deux
joueurs habiles forme un spectacle digne d'être offert à Ulysse par
son hôte le roi de Phéaciens. Au nombre des amateurs de ce
divertissement, on peut citer Alexandre le Grand, Denys l'Ancien,
Sophocle . Un auteur de la Comédie nouvelle, Damoxène, exprime
l'admiration que les Athéniens éprouvent pour les joueurs adroits. La
grâce et la souplesse que l'exercice de la balle développe dans les
corps des jeunes gens, charment l'assistance. Les jeux de balle grecs
ont pour noms sphaeristikè, ephetindè et phoenindè. Les Romains
n'apportent pas moins d'ardeur au jeu de balle. Nous y retrouvons l'harpastum,
le trigonalis, le follis ou encore le folliculis, noms qui désignent à
la fois le jeu et la balle qui sert à le jouer . Ovide, Martial et
Plaute parlent fréquemment de ces jeux, qui tiennent une grande place
dans les distractions de leurs contemporains. Il y a sous l'empire des
gens désœuvrés qui n'ont pas d'autre occupation du matin au soir. De
nombreux vases peints de cette époque nous montrent des femmes, des
enfants et des jeunes gens se livrant à des jeux de balle variés .
Article 2. Le jeu de paume dans nos régions
Les origines du jeu de paume sont tout aussi mystérieuses. Tout ce
que nous pouvons dire, c'est que les premières mentions de ce jeu dans
nos régions datent de la première moitié du XIVe siècle. La première
d'entre elles, contenue dans les comptes de la cour du Hainaut, est
datée du 8 juin 1332. Il s'agit d'une note concernant l'achat de
balles par le comte Guillaume de Hainaut, dont l'usage est destiné à
la pratique du jeu de paume . Un chroniqueur flamand de cette première
moitié de siècle fait également allusion à la pratique du jeu de paume
par le duc de Brabant, Wenceslas de Luxembourg. Si ces deux mentions
peuvent amener à penser que la pratique de ce divertissement est
réservée à une élite, il n'en est rien. Ce jeu concerne également à
cette époque les classes populaires de la société. Ainsi, un édit de
la ville d'Audenarde, daté de 1338, stipule l'interdiction de jouer à
la paume près du cimetière, sous peine de sanctions .
Notons que, dès le XIVe siècle, une différenciation s'observe entre
les jeux de paume, selon qu'ils sont joués par les classes supérieures
de la population ou par les classes populaires. Les premières
disposent d'emplacements réservés au jeu, tandis que les secondes
doivent se contenter d'espaces non spécifiques à cette activité,
notamment les parvis des églises . Les joueurs des campagnes jouent à
la paume au toit, jeu dont le service consiste à lancer la balle sur
un plan incliné. Ce toit sera adopté par les jeux de courte paume,
apanages des classes aisées et qui se pratiquent en salle . Ces
salles, appelées tripots verront se dérouler en leur sein des excès en
tout genre, ce qui donnera par assimilation, le sens péjoratif que
revêt ce terme à l'heure actuelle .
Cette courte paume s'oppose au jeu de longue paume, qui se dégage
de la présence du toit afin de permettre la pratique sur un terrain
plus vaste et faire en sorte que les adversaires soient placés face à
face dès le début de la partie. Ce jeu de longue paume est, comme nous
l'avons dit, pratiqué par les couches populaires de la société . Il
est l'ancêtre de nos actuels jeux de pelote-paume . C'est la proximité
de ces aires de jeu avec les cimetières qui motive l'interdiction, par
les autorités locales, de jouer à la paume dans ces endroits. C'est
probablement dans le but d'échapper aux conséquences de l'application
de ces édits que se forme à Oudenburg, abbaye située entre Bruges et
Ostende, un groupement dont le but est de faire pratiquer, en privé,
le jeu de paume par ses adhérents. Oudenburg devait comporter diverses
installations, tant en salle qu'en plein air, qui permettent de jouer
à la paume selon les différentes disciplines en vogue à l'époque. En
1452, un texte remis aux autorités de la ville de Mons par les
habitants d'un quartier de la cité, demande de leur accorder à nouveau
la liberté de s'exercer au jeu de paume. Ce texte nous apprend que,
dès les années 1350, les habitants de cette ville jouent à la paume.
De nombreux documents de cette époque relatent les excès
qu'entraîne dans certains milieux la passion du jeu, notamment du jeu
de paume. Quelques écrivains moralistes ont abordé le sujet, parmi
lesquels Jan van den Berghe. Ecrivain et juriste flamand, il écrit en
1431 son Dat Kaatspel Ghemoralisseerd , qui consiste en une allégorie
dans laquelle il compare l'administration des cours de justice, et son
incohérence, aux péripéties d'une rencontre de jeu de paume. Cet
ouvrage est précieux pour la connaissance du jeu de paume et de ses
règles à cette époque . Au XVIe siècle, les indices du développement
du jeu de paume se font plus nombreux. Des chroniques régionales font
allusion à des joutes de joueurs de paume en Brabant. On joue à la
paume à Bruxelles.
En 1588, le prince de Parme fait bâtir un jeu de paume, sur un terrain
appartenant à l'abbaye de Coudenberg . Il s'agit ici d'un jeu de plein
air, emmuré et conçu de façon à ne pas tomber sous le coup de
l'application des édits bruxellois sur les jeux de paume en endroits
publics .
Lierre et Audenarde connaissent également des édits réglementant
les jeux de paume sur la voie publique . Gant, Courtrai, Deinze ainsi
que Renaix sont également des endroits où l'on joue à la paume . A
cette époque, la capitale des jeux de paume est Bruges. Dans cette
importante ville, une tendance se dessine à l'expansion du jeu vers la
périphérie. Il faut croire que Bruges connaît des embarras de
circulation. A cela s'ajoutent aussi les dégâts occasionnés par les
balles. De sévères édits punissent les joueurs de balle qui ne
respectent pas les règlements de police et se livrent à la pratique de
ce jeu dans le centre de la ville. Les autorités religieuses se
joignent aux autorités civiles pour interdire, tout au moins à
certaines heures, l'occupation des parvis et des rues avoisinantes des
églises. De nombreux conflits ont d'ailleurs lieu entre les édiles
locaux et les joueurs de paume, groupés en associations. Les règles et
ordonnances se font plus nombreuses. Les autorités parviennent à avoir
le dessus et les terrains sont petit à petit déplacés vers les
quartiers situés hors du centre de la ville. Les joueurs se replient
ainsi vers la périphérie .
Le 15 août 1628, un concours de balle est organisé à Oudenburg.
L'aubergiste, qui met la compétition sur pied, fait afficher aux
églises et dans les localités environnantes, quarante annonces
rédigées et distribuées par le greffe local. Ces affiches sont
intéressantes, car elles donnent la liste des prix offerts par les
autorités et les conditions auxquelles on peut les remporter. Ces prix
consistent en une balle d'argent doré, un chapeau garni de plumes, des
souliers, des gants et autres objets se rapportant au jeu . Le tournoi
d'Oudenburg sera régulièrement organisé jusqu'en 1664. Il n'y a pas
que des régions flamandes qui sont touchées par la vogue du jeu de
paume. La population d'une grande partie du Hainaut est acquise à ce
divertissement. Les grands centres de jeu de balle sont Tournai et
Mons.
Sur le plan technique, sont à retenir du XVIIe siècle les
apparitions de divers instruments de propulsion utilisés par certains
amateurs de longue paume. Ces accessoires, déjà adoptés par les
joueurs de courte paume en vue de se protéger la main, sont adoptés
par les joueurs de longue paume afin d'avoir la possibilité de faire
des échanges de plus longue portée . Le joueur de nos régions a
tendance à adopter le gant dit casserole, qui par la suite s'allonge,
et de par l'amenuisement du volume de la balle donne naissance aux
jeux de balle au gant . L'acquisition d'un instrument de ce genre
n'est pas à la portée de toutes les bourses. C'est la raison pour
laquelle les gens de condition modeste restent fidèles au jeu de
pelote à main nue. Le jeu au toit est quasiment abandonné. Par contre
à la courte paume, le toit unique est complété par des toits latéraux
, ceci afin d'obtenir des jeux d'effets très subtils .
On peut constater que dès le XVIIe siècle, certaines rencontres
prennent un caractère officiel en raison de la présence de hautes
personnalités et de la remise de récompenses officielles aux joueurs.
Ces joutes sportives sont parfois intégrées dans le programme des
festivités locales . Il faut également insister sur la très nette
cassure qui se fait entre le joueur populaire et le joueur bourgeois,
noble ou notable. Ce phénomène se traduit par l'abandon du jeu de
longue paume, de la pelote, par ces derniers . Cette séparation de
classes sociales au jeu de paume ne semble pas s'être faite
brutalement. On ne peut pas dire que la distinction s'est formellement
réalisée. En effet, certains représentants de la noblesse restent
fidèles au jeu de longue paume .
Le XVIIIe siècle voit l'arrêt de l'expansion du jeu de paume en
Flandres, bien que celui-ci y reste bien présent . Ce jeu est petit à
petit délaissé par les populations flamandes, sauf dans les régions
proches de la partie romane de nos provinces et le long de la vallée
de la Dendre . Le jeu de paume semble alors fort en vogue dans le
Tournaisis. On trouve trace dans les comptes de la ville de Tournai de
dépenses occasionnées pour l'achat de prix destinés à récompenser les
finalistes des concours de jeu de balle. Ces prix consistent, par
exemple, pour les années 1786 à 1790 en paires de boucles d'argent
pour souliers, en balles d'argent et en petites boucles en argent pour
culottes. La région de Chimay semble également acquise au jeu de balle
en cette fin de siècle . A Rance, une lutte de jeu de balle est
organisée vers 1770. Le jeu dont il est question et dont la vogue
semble être très importante dans toute la région est le jeu de petite
balle au tamis, seul jeu de longue paume plus ou moins organisé et qui
jouit déjà d'un embryon de réglementation.Un document précise les
articles du règlement adopté par les organisateurs de rencontre de
balle au tamis de la ville de Thuin pour les saisons 1796 et 1797 . Ce
texte atteste l'importance prise par ce jeu en Thudinie.
Il convient également de mentionner la ville de Bruxelles parmi les
régions gagnées par la pratique de ces jeux. C'est au jeu de balle au
tamis, et ce principalement sur la place du Sablon, que se rencontrent
les amateurs bruxellois. Quelques accidents graves provoqués par la
chute de balles ont contraint les autorités à supprimer l'autorisation
donnée aux habitants de la ville de s'exercer au jeu de paume sur la
voie publique. Les pratiquants ainsi que les commerçants intéressés ne
s'inclinent pas devant cette décision. Ils entreprennent des démarches
et remettent de pétitions afin que les autorités rétablissent cette
autorisation. Les jeux du Grand et du Petit Sablon restent interdits.
C'est finalement au Vosseplein (place du Renard) que les joueurs de
balle bruxellois trouvent refuge. C'est ainsi que cet emplacement
prend le nom de place du Jeu de Balle, dénomination qui est toujours
sienne à l'heure actuelle . En règle générale les rencontres
organisées à Bruxelles se clôturent par une distribution de prix ,
dont une balle d'argent. Selon la coutume, ce présent est offert au
patron de l'église de la paroisse du vainqueur. L'église Saint-Jacques
op Coudenberg a reçu don de plusieurs de ces balles .
La région athoise est également un centre important de jeu de
balle.Des compétitions de grande envergure ont lieu à partir de 1801 .
Il est possible de donner des précisions quant à l'organisation de ces
compétitions. Les parties sont formées de cinq joueurs domiciliés dans
une même commune . Le certificat de domicile sera exigé en 1809 .
Seule la ville d'Ath a la faculté de présenter deux équipes . Les prix
qui récompensent les joueurs consistent en boucles d'argent, comme à
Tournai, à l'extrême fin du 18e siècle, comme nous l'évoquons plus
haut . Cette ville de Tournai va être le cadre d'événements qui vont
modifier et l'organisation des rencontres de jeu de balle, et diverses
techniques de jeu. Parmi les festivités organisées en cette ville lors
de la visite de Joseph II, le 3 juin 1781, figure une rencontre de jeu
de balle. A cette manifestation sont invitées les autorités du Comté
et des principaux centres du Hainaut. Les innovations adoptées lors de
cette journée touchent à l'organisation de la rencontre. Une tribune
couverte est érigée à l'intention des invités. Les spectateurs peuvent
disposer de places assises. C'est également depuis cette date que,
pour les grandes finales, le prêt, par les organisateurs de gants
identiques, devient chose courante. Une certaine anarchie règne en
effet dans le choix des moyens de propulsion de la balle. La nouvelle
règle est adoptée afin de donner des chances égales aux équipes en
présence et aussi pour éviter les discussions. Des prix sont remis à
chaque joueur en plus du trophée unique, la balle d'argent . En 1788,
les prix consistent en cinq paires de boucles d'argent pour souliers.
Aux battus, le magistrat distributeur des récompenses adresse un petit
compliment de condoléances.
Article 3. Premières mentions du jeu de balle
pelote
Un événement important, quant à l'évolution ultérieure du jeu de
balle, a également pour cadre la ville de Tournai. En 1813, les
prisonniers espagnols internés à la caserne Saint-Jean s'adonnent
régulièrement au jeu de grosse balle. La population locale se plaît à
citer leur souplesse et leur agilité. Cette exhibition donne au
magistrat l'idée d'abandonner le jeu de petite balle au tamis, au
profit du jeu de pelote, ce qui sera fait cette même année .
L'influence des prestations spectaculaires des joueurs espagnols, dont
le jeu est fort proche de celui pratiqué en nos régions, permet à la
pelote, délaissée dans le Tournaisis au profit de la petite balle au
tamis, de reprendre vigueur dans la région. Le jeu pratiqué par les
Espagnols, athlétique, spectaculaire, offre un sensible attrait auprès
de la jeunesse, principal agent de propagande de ce jeu de pelote.On
peut affirmer que c'est à partir de ce moment que le jeu de pelote
prend une place de plus en plus large pour devenir, par la suite, le
premier dans l'éventail des divers jeux de balle à la main présents en
Belgique .
Pour résumer la situation des jeux de pelote-paume dans nos régions
au cours du XVIIIe siècle, nous pouvons dire que l'on assiste à un
retournement complet en ce qui concerne les centres importants de la
pratique du jeu de balle à la main . On assiste à une lente usure de
ce jeu en Flandre occidentale, suivie de sa disparition complète dans
cette région. Par conte la région hennuyère adopte dans son ensemble
ce divertissement. Alors que précédemment le Hainaut ne compte que
quelques centres ballants importants, toute la région est conquise par
ce jeu. En ce qui concerne cette région, on est amené à confondre les
jeux de petite balle au tamis et de pelote, vu la diversité des jeux
qui y sont pratiqués.
Cette époque ne voit plus la promulgation d'édits condamnant la
pratique du jeu de paume. Le jeu de plain air prend une nette
prépondérance sur le jeu en salle de courte paume.Il faut également
mentionner l'influence exercée par le jeu espagnol dans la région
tournaisienne ; influence qui trouvera une répercussion bien au-delà
de cette contrée. Mentionnons encore les contacts pris avec les
joueurs de balle picards, qui pratiquent eux aussi des jeux de longue
paume . Si les autorités ne défendent plus, elles organisent. Sous
l'égide de commissions locales, une réglementation, bien que
rudimentaire, voit le jour. Ces règles sont codifiées par des
organisateurs qui s'inspirent largement des coutumes acceptées jusque
là par les joueurs. Ainsi le Collège des Bourgmestre et Echevins de
Chimay adopte un règlement de jeu de balle, en sa séance du 17 juin
1821. Les édiles d'Ath interviennent également dans le sens d'une
réglementation afin d'assurer la régularité du déroulement d'une
rencontre, lors de la saison de 1808.
Sur le plan de l'équipement des joueurs, on assiste à l'abandon
quasi total d'accessoires tels que raquettes et plaquettes. Le gant
double, ou gant casserole , est généralement adopté, sauf pour le jeu
de pelote où un simple gant de protection est utilisé . Le choix de
ces accessoires a une importance considérable sur l'évolution du jeu
même. L'emploi de ces moyens de propulsion de la balle fait que le
joueur acquiert des possibilités de puissance de frappe supérieures à
celles permises par la main nue. Le jeu doit donc s'adapter à ces
nouvelles techniques.
Le XIXe siècle constituera une période de paroxysme quant à la
pratique du jeu de balle . C'est dans la province de Hainaut que se
concentre la plus grande activité. Le Borinage et le Tournaisis jouent
les premiers rôles. Suivront les régions d'Ath, plus tard celles de
Braine-le-Comte et de Soignies. Le Brabant wallon et Bruxelles,
conjointement avec Charleroi et le Namurois prendront progressivement
la même voie. En ce qui concerne la partie septentrionale de la
Belgique, seules connaissent une activité de jeu de balle les villes
de la vallée de la Dendre et les régions limitrophes de la Wallonie.
Les luttes organisées à Tournai dès le début du siècle sont toujours
considérées comme des événements de grande importance. Elles
réunissent des amateurs de toute la région. C'est en 1819 qu'est
fondée la Société de jeu de balle de Tournai. En 1865, apparaît pour
la première fois une équipe bruxelloise au Grand concours de Tournai .
Tournai est toujours resté sous l'influence des pelotaris espagnols et
insensiblement, le jeu de pelote y conquiert une place prépondérante.
Le Borinage voit la pratique de la petite balle au tamis. Les concours
montois ont toujours beaucoup d'importance. Ainsi en 1863, il réunit
une soixantaine d'équipes. Le concours débute le 7 juin pour se
terminer le 15 août. La remise des récompenses a pour cadre la salle
Saint-Georges de l'hôtel de ville de Mons . Il faut également citer
Wasmes, Jemappes et Frameries au rang de centres de jeu de balle.
La notoriété sportive de la ville d'Ath est due en grande partie
aux succès remportés par son grand championnat de jeu de balle. La
finale de ce concours, qui a lieu le 8 septembre, consacre le sommet
des fêtes sportives locales. Ce tournoi voit la participation d'un
grand nombre d'équipes. Le concours de 1863 n'en rassemble pas moins
de 108. La finale du championnat attire un nombre considérable de
spectateurs, telle celle de 1853, qui voit près de 8000 spectateurs
assister à la rencontre . La ville d'Ath est aussi connue pour avoir
donné son nom à un type de balle dite balle d'Ath . Le jeu de pelote,
pratiqué dans le Tournaisis, sera adopté au cours du siècle par la
région athoise . La région sonégienne est aussi un centre important de
jeu à la pelote. Citons Soignies qui organise régulièrement un
concours de premier ordre et Braine-le-Comte. Si à partir de 1830, le
nom de cette localité figure parmi les équipes engagées dans les
concours de balle au tamis, à la fin du siècle, Braine-le-Comte
connaîtra la renommée sportive au jeu de pelote .
La région carolorégienne constitue au XIXe siècle la principale
région vouée au jeu de balle au tamis . Des gros commerçants, des
industriels ou des représentants d'une profession libérale prennent
l'initiative de former des équipes de jeu de balle. Les joueurs
appartiennent régulièrement à la haute bourgeoisie de l'époque. Parmi
les localités les plus illustres du moment, il faut citer Charleroi,
Gilly , ou encore Marcinelle, Montigny-sur-Sambre et Fontaine l'Evêque
. Notons que vers la fin du siècle, pelote et balle au tamis ont
chacune leur période d'attraction. La pelote pour l'ouverture de la
saison, la balle au tamis pour la clôture . L'enthousiasme affiché par
la population carolorégienne à l'égard du jeu de balle ne laisse pas
les autorités indifférentes. Ainsi, le 8 septembre 1858, une
délégation de la Société de jeu de balle de la ville de Charleroi
adresse une requête au duc de Brabant, pour lui offrir la présidence
d'honneur de la Société ; présidence qu'acceptera le futur souverain
.
Dans le Namurois, c'est le jeu au tamis qui a la préférence des
joueurs. Il faut attendre la fin du XIXe siècle pour voir s'implanter
les jeux de pelote et de demi-dure. Ce dernier connaîtra beaucoup de
succès dans la partie namuroise de l'Entre-Sambre-et-Meuse et ce,
jusque dans le premier tiers du XXe siècle . Cette période faste pour
le jeu de balle fait qu'à certains moments, les édiles des grandes
agglomérations doivent mettre à la disposition des joueurs des
emplacements publics supplémentaires. C'est le cas à Namur, où en
1885, un terrain est aménagé plaine Saint-Nicolas dans le but de
dégager les ballodromes trop encombrés du centre-ville . A côté de ce
grand centre de jeu de balle qu'est Namur, nous retrouvons Tamines,
Dinant et Ciney . Le jeu de balle prend à cette époque un essor
considérable dans l'agglomération bruxelloise. On y joue surtout à la
balle au tamis. La pelote est utilisée à la fois pour le jeu au gant
et pour le jeu à la main nue.
En 1837, se constitue la Société de jeu de balle du Sablon dont le
championnat constituera pendant plus d'un siècle un des moments fastes
de la saison ballante . La capitale voit, en l'implantation de
nombreux travailleurs wallons et de militaires casernés en ville, un
apport considérable d'amateurs de jeu de balle. La protection du
prince Léopold, qui depuis 1852 accorde son patronage à la Société de
jeu de balle du Sablon, sert également de propagande à la diffusion
des jeux de paume à Bruxelles . De grandes rencontres ont lieu au
Sablon, mais également à l'actuelle place du Jeu de balle ou sur le
parvis Saint-Roch à Laeken .
La capitale mise à part, le Brabant offre en ce siècle, pour ce qui
concerne le jeu de balle, une image assez disparate. Les centres
ballants des provinces avoisinantes influencent diversement le
comportement des organisateurs et joueurs brabançons. On peut dire que
les équipes originaires de Rixensart, Wavre, Jodoigne, Louvain (dont
les parties estudiantines) subissent l'attraction du Namurois.
Genappe, Tubize, Baisy-Thy et Nivelles adoptent plus volontiers les
usages en cours dans le Hainaut. Les centres ballants, que sont
Enghien et Grammont, influencent les équipes proches de Hal,
Thollembeek. Les formations de Liedekerke ou Opwijck tournent quant à
elles leurs regards vers Alost . |