Histoire du grand feu

 

Selon la tradition, le premier dimanche de Carême est le jour où la Vierge a retrouvé le petit Jésus. Les Grands Feux du dimanche de Carême sont un souvenir de ceux allumés par les parents de l'Enfant-Jésus qui le croyaient égaré alors qu'il était resté au temple au milieu des docteurs.

Cela signifie que celui qui n'a pas pu aller souhaiter la bonne année à sa famille peut encore le faire ce jour-là: il sera considéré comme l'enfant retrouvé.

Tous les habitants du village ramassent du bois et de la paille pour organiser un grand feu à Falize, lieu dit proche du village. On allait alors danser autour du feu en formant une ronde avec tous les "mascarades", c'est-à-dire des personnes travesties.

Dans tout le Namurois, la tradition du Dimanche du Grand Feu était respectée. Après avoir emprunté un chariot cherz un fermier, les jeunes gens du village passaient de porte en porte pour recueillir des bottes de paille, des fagots, du pétrole, mais aussi du beurre, des oeufs et du lard qui servaient à la fabrication d'une énorme omelette pour régaler les jeunes gens qui préparaient le Grand Feu et qui se réunissaient au cabaret du village ou chez un particulier.

Le soir, les habitants se réunissaient sur une hauteur dominant la région, endroit désigné pour le Grand Feu. Au moment où l'obscurité est complète, c'est le capitaine de la Jeunesse ou le dernier marié de l'année qui allume le bûcher qui peut compter jusqu'à vingt gerbes de paille et autant de fagots.

Il n'est pas rare parfois d'apercevoir plusieurs feux en même temps: celui qui en voit sept à la fois sera protégé des sorciers et des sorcières pendant un an.

Autrefois, les braises et les cendres provenant du Grand Feu étaient vendues aux enchères par le comité de la Jeunesse et achetées par un cultivateur qui les répandait sur ses champs. Elles étaient en effet réputées préserver des rongeurs et procurer une bonne récolte.

De nombreuses croyances sont rattachées à ce Grand Feu:

  • Quand on ne fait pas le Grand Feu, Dieu de fait... c'est-à-dire qu'un incendie se déclenchera dans le village au cours de l'année.

  • Les personnes qui franchissent le brasier d'un bond seront préservées des douleurs de ventre pendant un an.

  • Ceux qui mangent des crêpes le jour du Grand Feu seront à l'abri des piqûres de mouches pendant une année.

Le Grand Feu a donc une action purificatrice puisqu'il protège de la mauvaise influence des sorcières, des insectes nuisibles, des animaux qui ravagent les récoltes et des maladies qui menacent l'homme. Cette action du feu est à rapprocher de la tradition des Churôdes en Condroz ou Chérodes en Famenne qui ont lieu le Mardi Gras et au cours de laquelle on fait passer le bétail au-dessus des cendres chaudes d'un brasier afin de le préserver des coliques et des maléfices.

Le Grand Feu, allumé au début du printemps, est la réminiscence des cérémonies antiques destinées à rendre favorables les divinités païennes qui présidaient à la fertilité des champs. Combattue par l'Eglise dans certaines régions, la tradition du Grand Feu a été christianisée dans d'autres, notamment par cette légende du feu allumé pour retrouver l'Enfant-Jésus égaré.

 

 

A Saint Aubin, la tradition est respectée

Cette année le Samedi 28 Février 2009

A partir de 9 Hrs Ramassage du bois
               15 Hrs Sortie du corps d'office
               20 Hrs Cortège carnavalesque Grand Feu route de Morialmé
               21 Hrs Bal Masqué Salle
« Les Amis Réunis »

Organisation :  Marche Notre Dame du Mont Carmel                Voir les Photos 2008  

 

 

  L'équipe du Grand Feu 2008